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Le grave problème du suicide chez les Amérindiens
PRÉSENCE AUTOCHTONEBruno Lapointe
Le Journal de Montréal
Le festival Présence Autochtone présente ce soir Le Pacte, une oeuvre troublante qui documente le suicide, véritable fléau chez les communautés autochtones. «Un film ne peut pas proposer de solution infaillible, mais on espère tout de même encourager les discussions», confie la réalisatrice Erica Pomerance.
Dans Le Pacte, Erica Pomerance donne la parole à Mélanie Pétiquay, intervenante auprès des jeunes qui participe activement à la formation d'intervenants dans sa communauté. Elle a elle-même été éprouvée par des suicides successifs dans sa famille. De plus, la plupart des adolescents avec qui elle travaille avouent avoir déjà été en proie à des idées suicidaires.
«Une fois ces personnes guéries, elles deviennent les mieux placées afin de participer activement à la prévention du suicide au sein de leur communauté», dénote Erica Pomerance.
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L'impacte d'un casier Judiciaire
Les impacts qu’engendre le casier judiciaire ont des répercussions incontestables qui nuisent à la réhabilitation sociale : en communauté, les personnes judiciarisées sont confrontées à un ensemble d’éléments contraignants. Ainsi, plusieurs individus ayant un casier judiciaire éprouvent des ennuis à se trouver un emploi, souscrivent malaisément à une police d’assurance et parviennent difficilement à traverser les frontières canadiennes.Initié par le Comité aviseur pour une clientèle judiciarisée adulte, le projet Impacts du casier judiciaire a pour but de :
* sensibiliser la population à la problématique du casier judiciaire ;
* informer des répercussions sociales du casier judiciaire ;
* présenter des pistes d’action à la clientèle judiciarisée.
Nous vous inviton à consulter le site internêt "L'impacte d'un casier Judiciaire" à l'adresse suivante: www.casierjudiciaire.ca
Anatomie d'un jeune gangster
Le vendredi 08 juin 2007Caroline Touzin
La Presse
Un ado dans un gang de rue est plus délinquant qu'un ado ordinaire. C'est clair. Mais un jeune gangster est-il différent d'un délinquant «ordinaire»? Une première recherche québécoise sur le sujet montre que oui.
Le jeune gangster a plus de difficultés scolaires qu'un délinquant « ordinaire «. Il fréquente plus d'amis délinquants. Il est moins bien encadré par ses parents. Il est plus oisif, manipulateur et méfiant. Et surtout, il est plus souvent impliqué dans des actes de violence et la vente de drogue.
L'ado dans un gang va accorder plus d'importance à l'habillement, à ses «couleurs» (rouge ou bleu, selon son gang). Les tatouages, les bijoux, le cellulaire sont primordiaux. La «loi du silence» est souvent mentionnée chez les gangsters, alors que les autres ados avec troubles de comportements n'y accordent pas d'importance.
C'est du moins ce que révèlent les premières analyses d'une étudiante à la maîtrise de l'École de criminologie de l'Université de Montréal présentées lors du séminaire de recherche Gangs et Délinquance 2007, mercredi dans la métropole. La criminologue Janie Cinq-Mars a épluché 165 dossiers de jeunes placés sous la loi de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) entre 2003 et 2006 (47 membres de gangs et 118 jeunes avec des troubles de comportements). Elle a étudié les critères utilisés par les intervenants du centre jeunesse pour catégoriser les jeunes impliqués dans les gangs, ou à risque de l'être.
Une recherche majeure
«L'identification des membres de gangs de rue n'est pas simple», dit Mme Cinq-Mars, d'entrée de jeu. Le centre jeunesse de Montréal mise beaucoup sur ces travaux et ceux d'une autre chercheuse, Claudia Hamel (voir autre texte), pour améliorer leurs interventions auprès des jeunes gangsters. «À ce jour, des jeunes ne reçoivent pas le bon traitement parce qu'on ne les identifie pas comme membre de gang. Ou on les identifie à tort. C'est une recherche majeure», explique la criminologue spécialiste des gangs au centre jeunesse de Montréal, Chantal Fredette.
Les jeunes gangsters, âgés en moyenne de 14 ans et demi, proviennent davantage de familles défavorisées. Et ils ont plus souvent des parents criminels. La moitié des jeunes dans les gangs ne sont pas nés ici, selon l'étude. En comparaison, huit délinquants «ordinaires» sur 10 sont d'origine québécoise. La moitié des jeunes, gangster ou non, viennent d'une famille monoparentale.
Autre ressemblance: ils ont autant d'agressivité et d'impulsivité. Ils commettent autant de vols, de méfaits et se battent aussi souvent. Ils se distinguent en étant plus souvent les auteurs de menaces, d'intimidation, de voies de fait, de vente de drogues et de taxage. Ils possèdent plus souvent des armes blanches. À l'école, ces jeunes décrochent plus que les autres délinquants. Ils sont cependant moins hyperactifs.
Les jeunes gangsters commettent plus souvent des crimes en groupe. Si l'ado dit connaître un membre de gang, il y a trois chances sur quatre qu'il soit dans un gang, selon les résultats préliminaires de la chercheuse. Dans les prochains mois, Mme Cinq-Mars va analyser en profondeur les différences entre les deux groupes pour identifier d'autres facteurs discriminants comme celui-là.
«C'est moi qui décide»
Quand un jeune entre dans un gang, il croit que personne ne peut l'en empêcher, a constaté une autre chercheuse, Pascale Domont, au doctorat en psychologie à l'Université du Québec à Montréal. «Pour eux, c'est une décision personnelle et volontaire. Pour certains, c'est même inévitable», dit-elle après avoir étudié les dossiers d'une vingtaine de membres de gangs âgés entre 14 et 25 ans. Pendant que les jeunes sont dans le gang, ils reconnaissent qu'il y a des gens autour d'eux pour les aider. Mais, dans bien des cas, ils refusent cette aide.
Ce n'est pas pour rien que les parents se sentent si désemparés quand leur jeune entre dans un gang. «Certains parents en viennent à regretter d'avoir immigré au Canada et continuent à défendre leur système de valeurs», a expliqué, aussi lors du séminaire, le criminologue René-André Brisebois. Le chercheur a fait sa maîtrise sur 12 parents immigrants dont le fils a fait partie d'un gang.
L'éducation des enfants doit être la même que celle qu'ils ont reçue dans leur pays d'origine, croient ces parents. L'école québécoise ne donne pas l'encadrement nécessaire, selon eux. Les amis ont une influence négative. Parfois, c'est la faute du frère aîné ou du père violent. Certains parents craignent par-dessus tout que leur famille ne subisse des représailles.
Quand les parents se rendent compte que leur jeune est entré dans un gang, ils ont deux réactions. Ils s'insurgent contre le système ou reviennent à la discipline de leur pays, a noté le chercheur. «Peu importe vos lois, je vais éduquer mon fils à ma façon», lui a confié un parent.
Et les plus jeunes?
Mais que faire avec les plus jeunes pour prévenir l'adhésion aux gangs? se sont demandé deux éducatrices du site du Mont Saint-Antoine du centre jeunesse de Montréal. Ce site accueille des garçons âgés entre 12 et 14 ans placés sous la tutelle de la DPJ pour quelques mois jusqu'à quelques années. «À cet âge-là, il ne faut surtout pas leur parler des gangs. Plus on en parle, plus ils ont le goût d'y adhérer», affirme l'éducatrice Patricia Labrie.
Le gang devient la famille du jeune gangster. Il faut donc rapprocher les garçons de leurs parents avant qu'ils ne se trouvent une nouvelle famille, pense l'autre éducatrice, Julie St-Jean. Des rencontres parents-enfants ont été organisées l'an passé. Le mot «gang» n'a jamais même été mentionné aux parents.
Un adolescent sur 10 sous la tutelle de la DPJ au centre jeunesse de Montréal est une victime, un membre d'un gang de rue ou à risque de le devenir. Cela n'inclut pas les jeunes contrevenants qui se retrouvent aussi au centre. Le Centre d'expertise sur la délinquance des jeunes a découvert que 6 à 10% des jeunes contrevenants étaient à eux seuls responsables de près de la moitié des délits commis par des jeunes à Montréal. Qui compose ces 6 à 10%? «Tous des membres de gangs de rue», indique son directeur, Clément Laporte.
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